On peut dire qu'on l'aura attendu ce dernier jour, qu'on en aura parlé, on l'aura imaginé, rêvé. Et finalement, voilà, c'est fait. Et qu'est-ce qu'il reste ? Pas grand chose. Quelques débris de trois années, beaucoup de bilans. On enjolive, on se dit que c'était bien, beau, merveilleux, qu'on était pas si mal, finalement. Ou alors on se dit ENFIN, c'est finit ! Sauf qu'on sait ce qu'on perd, mais pas ce qu'on gagne... Qui nous dit que l'année prochaine sera mieux, qu'on sera plus heureux, qu'on vivra plus librement ? Les contraintes tombent déjà: refusé ici, interdit d'aller là bas, trop loin, trop cher, pas assez loin finalement. Et si on se contentait de garder en tête le meilleur de ces trois années de Lycée, le plus beau, les instants magiques ? Si on oubliait tout le reste pour ne penser qu'à ce qui nous a poussé à nous lever le matin, même quand on aurait pleuré de rage tellement on n'avait pas envie d'y aller... A tous ces moments passés entourés de personnes plus ou moins géniales, toutes les heures de cours pendant lesquelles on a préféré discuter, celles qu'on a séché, les fous-rires, les engueulades qui finissent en réconciliations, si on pensait à toutes les conneries qu'on a pu y faire finalement ? Si ça ne nous réconforte pas, ça nous évitera au moins de penser au Bac pendant deux minutes.